Présentation

Ensemble solistes XXI

Voix en chambre

Fondé en 1988 par Rachid Safir dans le but de faire de la musique de chambre vocale, les Solistes XXI retrouvent l’esprit d’une époque réputée à jamais disparue en France au moment où la Révolution faisait table rase de l’absolutisme monarchique. L’ensemble développe le répertoire vocal chambriste en se tournant à la fois vers les œuvres polyphoniques du haut Moyen Age, de la Renaissance et du baroque naissant tout en sollicitant des partitions nouvelles auprès des compositeurs du monde entier, mettant époques et styles en perspectives.

Rachid Xavier Zimbardo MO1PERPETUUM - DANSE et CHANT

Les Solistes XXI ont ainsi su donner à la musique contemporaine sa musicalité naturelle et l’expressivité dont elle est trop souvent spoliée. « Il est néanmoins nécessaire, avant de l’interpréter en public, souligne Rachid Safir, d’effectuer un long travail de préparation, d’analyse, d’assimilation, d’accaparation, d’ancrage, jusqu’à ce que les chanteurs se soit accaparés l’œuvre pour lui donner de l’affect. Nous cherchons autant d’interprétation dans la création que dans les musiques anciennes et romantiques. » Pour Rachid Safir, il convient de travailler la voix et le chant d’ensemble comme s’il s’agissait d’un instrument ou d’une formation de chambre. Mais, contrairement aux ensembles instrumentaux, les Solistes XXI ne se produisent pas sans chef. En effet, ce qui est souvent superflu dans d’autres configurations, est indispensable pour les groupes vocaux, le chant d’ensemble s’avérant singulièrement complexe à mettre en place. Une oreille externe est primordiale, constate Rachid Safir. Les Solistes XXI changent de son d’une œuvre à l’autre et selon le lieu où ils se produisent.

Pour être de l’équipe des Solistes XXI, il ne suffit pas de disposer d’une belle voix. La polyphonie, particulièrement celle à voix seules, nécessite à la fois des qualités de soliste et le sens de l’écoute collective. « Dans les années 1970, se souvient Safir, j’ai mesuré l’importance d’un répertoire dont nul n’entendait jamais parler, la polyphonie. En fait, elle était peu jouée parce qu’elle exige l’excellence. » C’est ainsi que, dès la première.

Rachid Safir

Les voies d’une passion

Dès son enfance Rachid Safir a étudié le latin et les grands textes classiques au lycée, ce qui, dit-il, est suffisant pour chanter les grandes œuvres du répertoire en latin. « Ensuite, précise-t-il, il n’est pas difficile de se former aux coutumes chrétiennes. C’est ainsi que je me suis très vite rendu compte que les musiques anciennes sont au-delà du religieux. » D’autant plus que son père, professeur de lettres modernes (français et arabe), s’est chargé à la Libération, en tant que directeur artistique de Radio Alger en langue arabe et kabyle, de la collecte des musiques et des orchestres du Maghreb. Il emmène son fils au fil de ses recherches, ce qui conduit ce dernier à se familiariser dès quatre ans aux musiques andalouses et populaires, et de suivre des musiciens en tournées. Trois ans plus tard, il commence à jouer du violon et suit ses premiers concerts de l’Orchestre Symphonique de Radio Alger. Il assiste à un concert par semaine à la radio, à ceux du conservatoire et des Jeunesses Musicales de France.

Ce bain de jouvence musical s’interrompt soudain lorsque, à quatorze ans, ses parents quittent l’Algérie pour la France. Il se tourne vers des études qui le conduisent à l’université de Lille, où il entre pour la première fois dans une chorale d’amateurs. Il étudie le chant, suit un stage notamment avec Alfred Deller. Ténor puis contre-ténor, il chante avec Charles Ravier au sein de l’Ensemble Polyphonique de Paris. En 1977, il fonde avec Bernard Fabre- Garrus et Régis Oudot A Sei Voci, ensemble qui rencontre immédiatement un vif succès. La même année il collabore avec le Groupe Vocal de France, avec le Clemencic Consort et le Studio der frühen Musik, et entre dans le Chœur de Radio France. En 1985, il se tourne vers la pédagogie, enseignant notamment le chant de musique d’ensemble au Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon.

En 1988, Rachid Safir renonce au chant et fonde ce qui deviendra les Solistes XXI. L’année suivante, il prend la direction du Centre d’Art Polyphonique de Paris. A ce titre, il met en place des sessions de formation professionnelle pour les professeurs de chant et les chefs de choeur. Parallèlement, il crée alors ce nouvel ensemble afin de mettre en oeuvre l’expérience alors acquise et toujours développée depuis.

C’est dès 1989 que les Solistes XXI ont commencé à se forger leur réputation enviable dans le domaine de la création. Cette activité a permis à Rachid Safir et à son ensemble de tisser des liens étroits avec de nombreux compositeurs. L’ensemble et son chef s’intéressent aux techniques les plus modernes de composition, de diffusion et de transformation du son en temps réel, au point de collaborer, entre autres, avec l’Ircam. Sont ainsi nées quantité de grandes pages de la fin du XXe siècle et de ce début de XXIe siècle, tant de vocalité pure, comme le CD Angels de Jonathan Harvey ou le Miserere Hominibus de Klaus Huber que de théâtre musical et d’opéra, tel Das Theater der Wiederholungen de Bernhard Lang créé en 2003 à Graz (Autriche) puis donné à l’Opéra de Paris en avril 2006 ou Yvonne, princesse de Bourgogne de Philippe Boesmans, créé en janvier 2009 à l’Opéra Garnier (Prix de la critique 2009).

L’Opéra de Paris entretient un partenariat avec les Solistes XXI, qui y donnent leur propre saison de concerts, depuis l’année 2006. C’est dans ce cadre notamment qu’ils rendirent hommage au compositeur Iannis Xenakis, dix ans après son décès.

Les Solistes XXI ont donné plusieurs concerts au Festival de Salzbourg depuis l’année 2007. L’un des seuls ensembles vocaux français à s’être produit dans cette manifestation prestigieuse, ils s’y produisent alors dans un programme Giacinto Scelsi. Ils sont à nouveau invités en 2009 dans deux programmes, Dallapiccola, Feldmann et Monteverdi puis en 2011 dans l’œuvre de Claude Vivier, “Journal” dont l’enregistrement qu’ils réalisèrent fut couronné d’un Grand Prix de l’Académie Charles Cros.

Aujourd’hui, Rachid Safir se consacre exclusivement à la direction de groupes vocaux, plus particulièrement les Solistes XXI à la tête duquel il a donné en plus vingt ans de nombreux concerts et créations en France et sur les scènes européennes.

Rachid Xavier Zimbardo MOChristophe Desjardins par Jean Radel - HR

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Site officiel de l'ensemble Solistes XXI dirigé par Rachid Safir